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Analyse de Régis Debray à propos des textes qui furent le prétexte de renvoyer Michel Tabachnik au tribunal de Grenoble, et pour lesquels il a
été relaxé (innocenté).
Paris, le 4 juin 2004
Page 2 de l'exposé :
« Ce qui porte au dossier le titre « archées » se présente comme une rhapsodie d'élucubrations théoriques, extrapolations
para-scientifiques, et considérations méta-mathématiques. On n'y trouve pas d'énoncés performatifs, du genre ordre, conseil, menace ou promesse. Pas d'énoncés déclaratifs (du type « la séance est
ouverte », ou « je vous marie »). Pas de fulmination ni d'excommunication. On n'exige pas de serment, on ne formule pas de reproche. On pourrait parler d'un château de cartes en l'air, fait de
fantasmes spéculatifs à caractère mathématique ou harmonique, agrémenté de schémas, figures et diagrammes. Faut-il rappeler que la musique, depuis Pythagore, inspire ce genre d'architecture aux artistes du son
portés sur le spéculatif ? Les musicologues y sont portés par leur familiarité avec le nombre et la rythmique. Xénakis, grand compagnon de Tabachnik, était ingénieur, et Boulez, son maître et ami, a fréquenté
les mathématiques. La pacotille occultiste se présente d'ordinaire comme un salmigondis d'alchimie médiévale, de kabbale juive, d'hermétisme égyptien, de Graal celte, de mantras tibétains, couronné d'un grain de
théosophie à la Blavatsky. Ce pot-pourri classique est ici décanté. Rien de visionnaire ou de littéraire. L'accent est mis sur l'hypothèse cosmologique, analytico-fumeuse, à partir d'objets idéaux imaginaires
(« le cycle des trois chimies ») ou réels (le spectre lumineux). La divagation serait en somme plus proche de Newton que de Nerval. »
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